L'Horizon jusqu'aux bords

    2018, 2020

    Peinture tempéra et huile sur toile brute, traces de feuilles d'or et d'argent.

    Série commencée en avril 2018, liée à ce qui se passe en Méditerranée. Des toiles de lits de camp - un vieux stock de l'armée, pareil à ce qui sert ici ou là dans des abris de fortune - ont été le point de départ, après des relevés de dormeurs. Entamé à la BAG (la Seyne/Mer), le travail, en strates successives, s'est poursuivi dans les combles du Télégraphe, beau volume dont la charpente évoque une coque de navire renversée - merci à François V., son généreux mentor.

    La forme finale est un polyptyque de 9 peintures, présenté en un cercle ouvert permettant de circuler à l'intérieur. Inverser leur ordre, rectos et versos, voire leur sens, offre nombreux possibles. Ces 9 personnages - certains flottants, en sommeil, d'autres légers et plein d'énergie - occupent les toiles très brutes, tendues par les cordes d'origine sur 9 cadres d'acier, formant 3 triptyques grâce à un système simple de charnières. Les lits de camp sont traités comme des objets complets, les 9 versos traversés d'un grand paysage abstrait, fondu lumineux en continu, où circule une calligraphie ignorée.

    Si l' origine était un hommage aux migrants perdus en Méditerranée, le propos s'est élargi pour devenir plus universel: l'humain, le mouvement, l'espoir, la renaissance, vie et mort mêlées. Ma référence - et ma révérence - pour les œuvres de la Renaissance font partie de mes guides, ainsi que la Mythologie grecque. 

    L'époque est grave, le navire humain menace de sombrer: Où sont les déesses, les dieux, où sont les héros? Quelle Odyssée raconter aujourd’hui?

    Le titre est inspiré de Nicolas Bouvier, compagnon de voyage.